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Edito


Emma PEEL Par Emma PEEL

Thomas Fersen : jamais sans son ukulélé...

Thomas FersenAprès avoir sorti l'année dernière son "Best Of de Poche", Thomas Fersen revient avec un nouveau disque intitulé "Trois petits tours". Le chanteur accompagné de son ukulélé, revient pour nous sur cet album haut en couleur.

Comment s'est déroulé l'enregistrement de cet album ?

C'est très simple, j'ai commencé à faire une chanson sur ma valise "Germaine", où je lui déclarais que je l'aimais. L'amour est un thème classique pour une chanson mais il fallait trouver une originalité et je trouvais cela marrant d'écrire que j'étais amoureux de ma valise. En faisant Germaine, je n'ai pas pu tout raconter dedans, j'ai donc fait une deuxième chanson puis une troisième... Finalement je me suis retrouvé avec huit chansons et je me suis rendu compte que ce disque allait parler du voyage intérieur d'un musicien itinérant et de ses relations avec sa valise et les douaniers.
Thomas Fersen
Pourquoi à nouveau as-tu utilisé le ukulélé comme fil conducteur du disque ?


J'avais eu une réaction de rejet avec cet instrument sur "Le Pavillon des fous" et la tournée précédente, Et puis il y a deux ans, j'ai eu envie de reprendre mon ancien répertoire, il y avait des morceaux que l'on ne faisait plus sur scène, j'ai accepté ce projet à condition que ce soit au ukulélé car je trouvais ça amusant, une grande tournée avec juste deux ukulélés, un baryton et un soprano. Et pendant cette tournée, j'ai commencé à composer les chansons de ce nouvel album et il se trouve que je l'ai fait au ukulélé comme par hasard.
Le ukulélé est un truc de paresseux. Donc, il est présent sur "Trois petits tours" mais parfois on a essayé de l'enlever, puis d'autres fois on l'a laissé car il manquait comme accompagnement rythmique. Maintenant c'est vrai que c'est un instrument que j'aime bien car il me permet de m'accompagner simplement. Quand on est auteur-compositeur-interprète, on aime bien savoir que l'on peut aller à l'essentiel avec juste un accompagnement comme celui-ci et la voix. Et puis c'est un truc de paresseux car il est petit, pas encombrant et je peux en jouer sur mon lit (Rires).

Thomas FersenParle-nous de cet aspect d'avoir voulu donner vie à des objets ?

On a tous une relation particulière avec les objets qui nous accompagnent. Quand on est en voyage, ces objets viennent à notre secours quand on est dans la détresse, dans la solitude, dans la grisaille d'une chambre d'hôtel, un endroit où l'on n'a pas forcément envie d'être. Et on se raccroche à quelques objets qui peuvent être familier. Ca va loin parfois, on leur accorde une personnalité, on les serre contre soi.

Dans quelle mesure les voyages et ton côté "artiste saltimbanque" inspirent cet album ?

Tout est venu avec ma valise. Au départ, je n'avais pas forcément l'intention de traiter de ma condition de musicien itinérant, non. Quand j'ai commencé à parler de Germaine, des idées sont venues avec notamment le passage aux douanes parce que c'est un moment régulier dans la vie d'artiste et en même temps singulier, on est systématiquement fouillé, les musiciens c'est suspect... Le ukulélé vient apporter une touche de fantaisie et d'humour dans ces moments là, c'est un instrument qui est mignon, il y a un passage enfantin, c'est un peu Noël, tout le monde est content. Et nous aussi on est content d'apporter ce petit moment de bonheur aux gens.
Thomas Fersen
On trouve quelques sonorités world sur ton disque, comment expliques-tu cette orientation musicale ?


La seule idée directrice d'arrangement que j'avais sur l'album était que Fred Fortin s'en occupe. Je pense que c'est assez jubilatoire pour un arrangeur d'avoir affaire à une chanson quasi nue, puisque j'étais juste accompagné au ukulélé-voix, et de l'habiller. On peut lui mettre ce que l'on veut, jouer à la poupée, pour un garçon c'est un peu spécial, mais on se venge en arrangeant des chansons. (Rires).

Auras-tu un accoutrement sur scène à l'image de tes photographies de promotion originales ?

J'avais déjà commencé à partir un petit peu en biais avec "Le Pavillon des fous" mais même un peu avant déjà. Finalement, de plus en plus, le petit carré de scène est un espace où l'on peut se permettre des choses, pas qui sont interdites dans la vie, mais qui ne seraient pas à leur place. C'est un moment où l'on peut se laisser aller à sa fantaisie pour le côté spectaculaire et éphémère d'un concert. Donc je vais essayer d'aller dans ce sens là, dans cette démesure parce que cela fait du bien
.

Merci pour cette interview cher Thomas.

Merci à vous.




Emma PEEL
S.M.N. Lundi 29 Décembre 2008

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