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Par Emma PEEL
On se languissait d’elle. Enfin, à 42 ans, Patricia Kaas est de retour sur scène, avant l’arrivée d’un album en mars, Kabaret. Elle sort de sa réserve et évoque ses chemins d’artiste et de femme. Rencontre toute en douceur…Tant de bruits ont couru autour de son absence médiatique. C’est simplement que la chanteuse consacre plus de temps à sa vie amoureuse ou qu’elle chante aux quatre coins du monde. Soyons rassurés, l’enfant prodige de la chanson ne s’est pas tue.
Q : Pourquoi un spectacle et un album intitulés Kabaret ?
R : C’est un pur hasard … Alors que je cherchais des nouvelles chansons pour mon album, je me suis rendu compte que j’allais spontanément vers ce style musical, celui du cabaret berlinois d’avant-guerre. Avec mon équipe, on s’est dit qu’on pouvait élargir cela au jazz de Saint-Germain-des-Prés et au tango de Buenos Aires. Nous survolons les années trente avec des sonorités d’aujourd’hui. Kabaret avec un K, ce n’est pas directement une référence à l’Allemagne, c’est un K comme Kaas comme simplement.
Q : Vous chantez bientôt au Casino de Paris. A quoi va ressembler ce spectacle ?
R : C’est un spectacle, pas un concert, vous avez raison d’employer ce mot. J’ai voulu un écran géant, des clins d’œil au cinéma et à la danse contemporaine, sans donner pour autant dans le Broadway. Car il n’y aura pas de paillettes (rires). Mes anciens titres seront réarrangés et on a réalisé pas mal d’images qui annonceront les chansons. Par exemple, pour présenter Les Hommes qui passent, je lis un passage de La Maladie de la mort de Marguerite Duras. Je voulais élargir mon spectacle à d’autres horizons.
R : Vous trouvez ? Ca me fait rire, car lorsque j’ai commencé ce métier, on me disait qu’on me voyait partout, trop parfois. Aujourd’hui, il n’y a plus beaucoup d’émissions de télévision qui permettent de chanter ces chansons. Quant à mon caractère, disons que je suis réservée. Je ne vais pas vous taper sur l’épaule, si je ne vous connais pas, bien c’est sûr. Pour ce qui est de l’étranger, c’est vrai que je chante beaucoup dans les pays de l’Est. Je vis là-bas quelque chose d’indescriptible depuis vingt ans. Je ne sais pas si ce sont mes chansons, la culture française, ma voix ou mon physique qui les émeuvent, en tout cas, ce sont toujours des moments d’émotion intense.
Q : Avec la chanson "Une dernière fois", vous évoquez votre maman trop tôt disparue…R : C’est une chanson inédite que j’ai co-écrite. Elle parle de l’anniversaire du décès de ma maman. Je ne voulais pas une chanson triste. J’arrive à vivre sans elle aujourd’hui, car je sais qu’elle est autour de moi. Mais quand on fête un anniversaire, on allume une bougie, c’est le sens de cette chanson, comme si je partageais quelque chose avec elle. Si je n’avais pas perdu ma maman aussi tôt, je n’aurais probablement jamais eu cette volonté de me battre, ni cette émotion quand je chante.
R : Il y a des moments où j’en ai envie, oui, et à d’autres moments, je me dis qu’un enfant ça crie, ça pleure, et que je ne sais pas si j’aurais la patience nécessaire… Bon, une chose est sûre, j’arrive à un tournant de ma vie, à un âge où il faut y penser sérieusement. Aujourd’hui, franchement, un enfant ne me manque pas, mais je vais arriver à 50 ans, je vais le regretter, probablement. Il faut que je me pose la question, vous m’y faites penser … (rires).
Q : Quelles sont vos passions ?
R : J’aime la décoration. J’ai refait tout mon appartement en mélangeant les styles, le contemporain, le baroque, le féminin, les années trente justement. J’aime aussi les vêtements. Ca dépend des périodes. Quand je ne fais pas grand-chose, je traîne chez moi en jogging avec mes grosses chaussures, car j’aime le confort. Quant à la danse, pour mon nouveau spectacle, j’ai souffert à raison de 35 heures par semaine. Mais après la tournée, je continuerai, car j’y ai pris goût.
R : Beaucoup d’avantages. J’ai rencontré plein de gens, appris tellement de choses… Les inconvénients ? Quand on arrive dans ce milieu, que l’on est une fille dépendante de sa maman, on se referme sur soi-même, c’est inévitable… Les requins du show-biz qui disent : " J’ai besoin de vous connaître de plus près, voyons-nous.", j’ai eu la chance de les repérer dès le début grâce à mon entourage. Ce qui ne m’a pas aidée, c’est mon manque de confiance en moi, c’est une chose que je me reproche vraiment. Aujourd’hui, je doute encore, mais moins qu’avant… on progresse avec le temps (rires).