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Par Emma PEEL
Natasha St Pier, 28 ans, cumule déjà quinze années de carrière derrière elle. Après une longue absence et bien des doutes, Natasha nous revient avec son sixième album. Un virage dans la vie de la jeune femme qui vient, par amour, de s’installer à Paris.
C’est en toute simplicité qu'elle nous parle de l’amour, de ses rêves, de son rapport compliqué avec la chanson et de sa nouvelle vie en France. Réjouissons-nous qu’elle n’ait pas, comme elle s’est dit un moment, renoncé à la chanson.
Q : Vous nous revenez après une absence de trois ans. Qu’avez-vous fait tout ce temps ?
R : J’ai profité de la vie, je me suis laissée vivre. J’ai voyagé, pratiqué la plongée sous-marine, ma grande passion. J’ai aussi vu mes amis. Bref, une vie banale, et j’avais besoin de connaître cela, enfin. Depuis mon premier album, à l’âge de 14 ans, je n’avais pas arrêté, je n’arrivais plus à avoir du recul. Je ne savais plus si j’aimais vraiment chanter ou si je faisais ce métier par habitude.

Q : Et vous avez vraiment eu envie de tout arrêter ?
R : Je ne savais pas, mais je ne l’excluais pas. Cette pause était indispensable pour que je puisse prendre la décision de poursuivre ou d’interrompre ma carrière. Si j’avais finalement abandonné la chanson, je serais peut-être devenue infirmière. C’est ce dont j’ai toujours rêvé ! D’ailleurs, j’avais commencé des études avant d’être rattrapée par la musique.
Q : Vous dites que ce nouvel album est plus proche de vous que les précédents …
R : Je crois qu’il dévoile davantage ma personnalité. Sur les précédents, j’étais restée sur la musique de mes débuts : la variété. A 14ans, j’aimais beaucoup ça. On a continué, au fil du temps, à me proposer des chansons de ce style, mais cela ne correspond plus à celle que je suis devenue. J’ai 28ans, je suis une fille de mon époque, j’aime aussi la soul, la pop, l ‘électro, le R’n’B … Alors, sur ce disque, on a mélangé tout ça pour en faire quelque chose qui m’est propre, je crois.
Q : Vous y chantez l’amour de façon très optimiste. Cela vous ressemble ?
R : J’aime beaucoup chanter la tristesse, mais, comme je voulais montrer celle que je suis profondément, je ne pouvais pas aller encore dans ce registre ; je ne suis pas du tout triste dans la vie. Cela dit, ces nouvelles chansons ne sont pas non plus toutes hyperpositives, elles sont très réalistes . Je voulais que cela corresponde à ce que je vis. Or, en ce moment, sur ce plan, je suis heureuse.
Q : On veut plus que de l’amour clôt l’album en beauté. Et vous, que cherchez-vous ?
R : Cette chanson représente bien les idéaux que nous partageons tous : au-delà de l’amour, ce que l’on recherche avant tout, c’est le bonheur, chacun le trouve là où il veut. Pour certains, ce sera dans l’amour, pour d’autres, dans le travail, dans la famille … Mais, nous le cherchons tous.
Q : Et qu’est-ce qui vous rend heureuse ?
R : Mon homme, mon chien, mes amis, la bonne bouffe, les journées de shopping avec ma meilleure amie, regarder tomber la neige … Il y a plein de choses … J’aime les gens. Je déteste rester seule chez moi à ne rien faire. Lorsque c’est le cas, j’appelle une copine et je lui propose de nous ennuyer ensemble.

Q : Vous considérez-vous gâtée par la vie ?
R : Oh oui, alors ! Je n’ai pas le droit de me plaindre. Depuis toujours … J’ai commencé à vivre de ma passion à 14ans. Lorsque j’ai voulu reprendre mes études, j’ai été contactée pour participer à l’Eurovision. Un peu plus tard, je m’apprêtais à suivre des études d’infirmière, j’avais mis la musique de côté, du moins dans ma tête, on est venue me chercher pour jouer dans Notre-Dame de Paris à Londres. Puis, j’ai rencontré Pascal Obispo qui m’a offert de beaux albums. J’ai vraiment une petite étoile au-dessus de moi.
Q : Quel est votre meilleur souvenir ?
R : Mon premier Olympia avec Tu trouveras. J’avais un trac fou. Pascal Obispo m’a fait la surprise de venir chanter avec moi, alors qu’il m’avait dit ne pas pouvoir. Les gens étaient debout, ils chantaient avec moi. La première fois que l’on voit ça, c’est vraiment bizarre … Et puis, il y a aussi le jour où j’ai débarqué toute seule à Londres pour Notre-Dame de Paris. Je devais avoir 18ans et je me suis retrouvée dans un appartement que l’on me prêtait, mais il n’y avait absolument rien dedans. J’ai donc dû aller faire des courses et je me souviens m’être sentie totalement perdue dans un quartier que je ne connaissais pas. J’arrêtais tout le monde dans la rue pour demander où je pouvais trouver des boutiques. C’était une sacrée galère, mais cette période là a marqué une grande étape, tant dans ma vie personnelle que dans celle de chanteuse.
Q : Ecoutez-vous souvent les disques de Natasha St Pier ?
R : Jamais. Comme je ne me regarde pas à la télé. Je n’aime pas ça. Une fois que le disque est sorti, il vit sa vie.
Emma PEEL
Entretien : Alexandre Cassar
Publié par S.M.N. Lundi 6 Avril 2009
http://www.myspace.com/emmashowmag