![]()
Dix-sept après sa dernière scène, Jacques Dutronc entame une série d'une cinquantaine de concerts. Rencontre.Dutronc aime prendre son temps. Dix-sept ans (tout de même !) après sa dernière scène, l’homme aux éternelles lunettes noires s’est résolu à quitter son refuge corse pour une série d’une cinquantaine de concerts qui le conduiront jusqu’au mois de juin, aux quatre coins de l’Hexagone. A la veille de la levée de rideau à Evry, Jacques Dutronc a reçu Metro entre deux répétitions, pour quelques confessions autour d’un bon cigare.
On se sent dans quel état d’esprit au moment de remonter sur scène après dix-sept ans d’absence ?
On se demande pourquoi on a accepté tout ça alors qu’on était peinard à se reposer en Corse (rires). Et puis, j’éprouve un sentiment mêlé de trac, d’excitation et de hâte. Parce que les préparatifs, les répétitions, tout ça, c’est bien beau mais à un moment donné, on a juste envie d’être en scène et que la musique démarre.
Ce retour sur scène, il paraît qu’on le doit à votre fils Thomas ?
Tout à fait, c’est lui qui m’a convaincu, ce salopard (rires). Si Thomas ne m’en avait pas parlé, je n’y aurais jamais pensé. Mais cela a été aussi un concours de circonstances. Je suis resté près de trois mois à l’hôpital après une opération, et le forcing de mon fils a payé. J’étais immobilisé, je m’emmerdais ferme. Dans ce contexte, la proposition de Thomas m’a séduite, car elle m’ouvrait une fenêtre vers l’extérieur, me donnant la possibilité de revoir des gens, et de bouger.
Il a su se montrer convaincant ?
Ah ça… !! J’imagine aussi qu’il devait en avoir marre que les spectateurs qui venaient à ses concerts lui demandent à chaque fois "Quand est-ce que votre père revient sur scène ?". Maintenant c’est à moi que les gens demandent si Thomas viendra sur scène. Ca n’en finit plus.
Ce sera le cas ?
Ah oui, j’y tiens.
Avez-vous eu recours à une préparation physique en vue des concerts ?
Oui, déjà pour réconforter les assureurs (rires). J’ai repris un peu la marche. Et je vais me calmer un peu sur le cigare. Quitte à arrêter pour les concerts.
Dutronc sans cigare, ça casse le mythe, non ?
Il va pourtant falloir que je m’arrête. Lors de la dernière tournée (en 1993, ndlr), je m’étais déjà arrêté. Mais j’ai déjà commencé à faire des efforts. Tenez par exemple, aujourd’hui, je n’en ai fumé qu’un. C’est bien non ? D’habitude, j’en ai un vissé dans la gueule du matin au soir, mais là, je suis sérieux. Bon, je n’exclus pas d’en allumer un sur scène. On ne sait jamais.
Quelles chansons allez-vous interpréter pour ces concerts ?
Essentiellement celles de la période allant de 1966 à 1975. Il y a ce que certains appellent des "incontournables", que je suis un peu obligé de faire. Et puis, vous remarquerez, que lors des concerts, le public prête moins attention aux nouveaux morceaux, préférant les chansons les plus connues.

Que peut-on vous souhaiter pour 2010 ?
D’aller au bout de ce marathon sans encombres (rires). Autant de dates pour un homme d’un âge certain comme moi… J’ai hâte de débuter, d’être dans le bain. Ensuite, on verra.
Adrien Cadorel
S.M.N.Vendredi 18 Décembre 2009
Source: http://www.metrofrance.com/culture/dutronc-remet-ca/mjag%2159xiJbXkbSIVo/