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Edito


Emma PEEL Par Emma PEEL

Françoise HARDY : troublantes confidences...

Françoise HardyOn n’imaginait pas de telles révélations sous la plume de la discrète Françoise Hardy. De l’absence d’amour chez ses parents à ses déboires sentimentaux, elle dit tout. Ceux qui ont aimé l'interprète de "Tous les garçons et les filles" vont dévorer son livre. Le désespoir des singes* est le nom de l’arbre préféré de Françoise, dans le parc de Bagatelle à Paris. C’est donc ainsi qu’elle a intitulé ses mémoires. Un récit passionnant où la chanteuse se laisse approcher comme jamais elle ne l’avait fait. Un étonnant témoignage. Très émouvant...

Vous, si discrète, comment avez-vous pu surmonter votre pudeur naturelle et raconter tant de choses personnelles dans un livre ?

Je ne voulais pas écrire d’autobiographie, mais un jour, une journaliste m’a dit qu’elle souhaitait écrire un livre avec moi. J’ai accepté par curiosité, sans savoir exactement sur quoi elle m’interrogerait… Quand j’ai commencé à lire les premières pages qu’elle avait retranscrites, je me suis rendu compte que ça ne tournerait qu’autour de ma vie. J’ai alors préféré le faire seule. Dans les autobiographies, non autorisées, on a tellement dénaturé et réinventé ma vie… Là, tout ce que je raconte est vrai ! Bien que, j’en conviens, les choses sont parfois tellement romanesques… Françoise Hardy

Vous écrivez : "Ma mère n’était pas amoureuse de mon père". En avez-vous souffert ?

Je n’ai jamais vu mes parents ensemble. Ma mère n’a jamais voulu passer une nuit avec lui, ni avec aucun homme d’ailleurs, à cause de sa frigidité. Ma mère a été attirée par mon père, car il jouissait d’une position sociale confortable. Oui, j’ai souffert du manque d’amour entre mes parents… Ma grand-mère disait qu’il fallait faire des prières pour que maman et papa se réconcilient. Elle savait pourtant que c’était peine perdue. Et moi, bien appliquée, je passais mon temps à faire des prières…

Pourquoi votre liaison avec le photographe Jean-Marie Périer n’a-t-elle duré que quelques années ?

Parce qu’on ne se voyait jamais ! J’étais très amoureuse de lui, mais il n’était jamais là. Et les rares fois où l’on passait des vacances ensemble, il était fatigué. On formait un vieux couple alors qu’on n’avait qu’une vingtaine d’années. Ca a creusé un fossé entre nous. Je passais mon temps à pleurer, je l’aimais et je l’attendais. Un jour, j’en ai eu assez, je l’ai quitté. Ce qui ne nous a pas empêchés de rester en très bons termes…

Françoise HardyVous nous apprenez que Jacques Dutronc a eu une liaison avec Romy Schneider…

J’ai raconté cet épisode, car c’est romanesque à souhait, et aussi parce que c’était un secret de polichinelle dans le milieu de la chanson et du cinéma. L’histoire est simple. Je viens d’accoucher de notre fils, Thomas, et, un soir, au cours d’un dîner, j’apprends que Romy doit absolument tomber amoureuse de son partenaire pour faire un bon film. Jacques tourne avec elle "L’important c’est d’aimer", et on me dit texto que Jacques doit "passer à la casserole". C’est aussi simple que ça !

Comment avez-vous pu accepter que Jacques Dutronc vous trompe tant ?

Les infidélités de Jacques, je ne les ai sues qu’après coup, excepté dans le cas de Romy Schneider pour laquelle j’ai été avertie avant… Très vite après notre emménagement ensemble, Jacques s’est fait de plus en plus absent. Mais, en même temps, chaque fois que je le voyais, il me manifestait beaucoup d’amour. C’est Jean-Marie Périer qui m’a dit un jour, parce qu’il me voyait pleurer tout le temps : "Sors, amuse-toi, vois du monde, car Jacques, lui, il s’amuse". Et là, je suis tombée des nues… Jacques se justifiait en disant : "Moi, Françoise, je l’aime". Quand j’ai appris cela, je me suis quand même sentie flouée, parce que j’étais la femme qu’on aime, qu’on met dans un placard et que l’on ressortira quand elle sera flétrie, frustrée et abîmée… (rires).Françoise Hardy

Vous dites avoir découvert très tard les problèmes d’alcoolisme de Jacques…

Oui, c’est exact. Quand il rentrait le soir à l’époque où nous vivions ensemble, il disait toujours qu’il avait trop chaud et il était de mauvaise humeur. J’ai mis des années avant d’imputer ça à l’alcool. En fait, j’en ai pris conscience le jour où il est revenu d’un déjeuner et qu’il a ouvert les fenêtres en grand, alors qu’il faisait très froid, et qu’on a dû appeler un médecin. Jacques est un jouisseur, il aime les bonnes choses. Et lorsqu’on a les moyens de s’offrir les meilleurs alcools, l’addiction empire. Et Jacques n’est pas du genre à se contenter d’un seul verre.

Comment avez-vous vécu l’épreuve du cancer ?

J’ai été terrorisée à l’annonce de mon lymphome. J’ai fait un malaise chez le médecin. Ce fut une période pénible et, même si j’ai été soignée, je reste fatiguée. Quand on a vécu un tel pépin, on garde une épée de Damoclès au-dessus de la tête. C’est cruel, mais cela m’a aussi permis d’écrire l’une de mes chansons préférées, "Tant de belles choses".

Merci Françoise pour ce moment précieux et merci pour tant de simplicité et de pudeur.

Je vous en prie. Merci à vous.


Françoise Hardy son livre (ITV) Ruquier 011108 ONPC



Emma PEEL

S.M.N. Lundi 29 Décembre 2008

*Le désespoir des singes et autres bagatelles (Editions Robert Laffont)

Les artistes du label E.M.O. en téléchargement sur FNAC Music
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